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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 09:32

Pour tous les hommes sensés et sensibles, la mort d'un proche laisse une grande tristesse qui, d'une personne à une autre, peut plus ou moins durer. Mais, de plus en plus, la situation de personne endeuillée semble prendre une autre dimension chez les peuples de l'Ouest de la Côte d'Ivoire singulièrement et même dans presque toutes les familles ivoiriennes.

De fait, en Côte d'Ivoire, les funérailles ne sont plus des instants où la famille éplorée a le temps de regretter le mort. Ce sont plutôt des moments de réjouissance populaire où chacun vient assouvir une envie, un désir.

On vient aux funérailles, non plus pour consoler les endeuillées mais pour trouver de l'alcool à s'enivrer, une fille qui satisfasse notre libido ou danser au son d'une musique endiablée. Les peuples les plus reconnus dans cette pratique sont les bété et les guéré de l'Ouest du pays. Les funérailles se font avec des orchestres et des artistes de renom et les corps des disparus sont devenus des marchandises.

Pour un même mort, les parents organisent une première veillée à Abidjan, une deuxième dans le chef lieu de département avant une dernière dans le village où aura l'inhumation. Toute cette pratique vise à récolter des fonds puisque chaque veillée suppose une quête de dons.

Et depuis que les funérailles ont pris cette tournure, le travail se fait au ralenti dans les bureaux d'Abidjan qui restent vides du vendredi au lundi. Monsieur Z. affirme que bien souvent, le travailleur arrive à son poste le vendredi matin, y laisse son costume pour donner l’illusion qu’il n’est pas loin. Et pourtant, le fonctionnaire abandonne son bureau pour se rendre à des funérailles dans un village de Daloa, Gagnoa, Issia, Duékoué, Bangolo, Kouibly ou Fakobly. Il n’en reviendra que le lundi pour se présenter à son poste le mardi matin avec une mine de malade parce qu’il est épuisé après le voyage et les différentes veillées.

 

Une telle attitude est préjudiciable à la Côte d’Ivoire qui cherche ses repères après plus de sept ans de crise politico-militaire. Comment un pays qui est à genou peut-il se relever sans le travail de ses filles et fils ? Ces gens qui semblent être plus préoccupés par les morts que les vivants.

 

Le constat est d’autant plus triste que dans les villages attiés, les cimetières ont fière allure et sont plus propres que les lieux qu’habitent les vivants. Le politique l’ayant compris, de nombreux élus ne réfléchissent plus aux projets de développement mais à comment être plus représentatifs aux  funérailles d’un tel ou d’un tel autre. Et la Côte d’Ivoire ressemble de plus en plus à une république de fossoyeurs. Telle est la nouvelle rébellion que le Président doit chercher à combattre.

Par Jean NONYOUH

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Published by JOURNALISTES BENEVOLES - dans SOCIETE
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commentaires

OUATTARA Daouda 21/09/2009 18:05

Bonjour
Je souhaite collaboré avec vous. Je suis OUATTARA Daouda du Parti écologique Ivoirien. Veuillez me faire parvenir une adresse mail et un contact téléphonique si, cela vous agrée. Dans cette attente

JOURNALISTES BENEVOLES 22/09/2009 14:00



Voici mon mail parsonnel: jean_nonyouh@yahoo.fr et mon numéro est le 00225 08 56 15 67